Relevez la tête d’un sommier de relaxation et regardez le matelas de profil. À l’endroit de la pliure, sa face supérieure se tasse pendant que sa face inférieure s’étire ; plus loin, il doit rester bien en appui sur les lattes, sans décoller ni glisser vers le pied. Un bon matelas pour sommier relevable, c’est d’abord un matelas qui accepte cette déformation des milliers de fois sans en garder la trace.
Le sommier relevable n’est plus réservé aux chambres médicalisées : on l’achète aussi pour lire, travailler sur un ordinateur portable ou regarder un film au lit sans empiler les coussins. Or on choisit le plus souvent un matelas en l’essayant à plat, sur un sommier fixe. L’essai renseigne sur l’accueil et le soutien, mais pas sur son comportement une fois plié.
Ce que le sommier exige du matelas
Trois qualités comptent ici, et aucune ne se voit sur un lit d’exposition à plat.
Plier sans résister
Le matelas doit épouser l’angle du relève-buste et du relève-jambes sans se raidir. Un modèle trop rigide ou trop épais force sur le mécanisme et fait le pont au lieu de suivre les lattes, ce qui laisse un vide sous la zone pliée. On le sent immédiatement en position assise : le dos ne trouve plus d’appui là où il en attend.
Revenir à plat
Une fois le sommier redescendu, le matelas doit retrouver sa forme sans garder de pli marqué. C’est sur la durée que la qualité des matériaux se juge, bien plus qu’au premier essai : un matelas qui marque légèrement au bout de quelques mois ne s’arrangera pas avec le temps.
Rester en place
En position assise, le poids du corps pousse le matelas vers le pied du lit. Les sommiers relevables ont en général une barre de maintien pour le retenir, encore faut-il que les dimensions du matelas correspondent exactement à celles du sommier. Un matelas un peu trop court glisse jusqu’à la barre et laisse un vide côté tête.
Mousse, latex, ressorts : ce qui plie et ce qui résiste
Les matelas en mousse et en latex sont généralement ceux qui s’accommodent le mieux d’un sommier articulé. Leur matière est homogène, sans pièce mécanique à l’intérieur : elle se comprime d’un côté, s’étire de l’autre, et revient. Le latex est réputé pour sa grande élasticité ; la mousse à mémoire de forme, plus lente, accompagne le mouvement sans le contrarier. Elle reste toutefois sensible à la température : dans une chambre froide, elle se raidit un peu et suit le relevage avec plus de lenteur les premières minutes, ce qui n’a rien d’un défaut.
Les ressorts demandent plus de prudence. Ceux qui sont reliés entre eux par une armature, comme dans les matelas traditionnels, supportent mal d’être pliés. Les ressorts ensachés, indépendants les uns des autres, peuvent convenir, mais tout dépend de la construction : certains modèles sont annoncés compatibles, d’autres non. La seule information fiable reste la mention du fabricant.
Le mot « hybride » ajoute à la confusion, car il ne désigne pas la même chose partout. Il associe souvent des ressorts ensachés à des couches de mousse, mais certains fabricants l’emploient pour des matelas composés uniquement de mousses de natures différentes. Le matelas hybride à mémoire de forme d’un fabricant de Borre, dans le Nord, superpose par exemple une mousse « High Tech » EUCAFEEL, une couche à mémoire de forme et une base en polyuréthane haute résilience haute densité, et il est annoncé compatible avec les sommiers de relaxation. Devant un matelas présenté comme hybride, la première question à poser est donc toujours la même : qu’y a-t-il à l’intérieur ?
Les vérifications à faire avant de commander
Une fois la matière choisie, quelques détails décident du confort au quotidien :
- la compatibilité avec les sommiers de relaxation, écrite sur la fiche du produit et non simplement promise au téléphone ;
- l’épaisseur, car un matelas très épais plie moins bien, surtout au niveau du relève-jambes, où l’angle est plus court ;
- le poids, sur un modèle électrique : la notice du sommier indique en général une charge maximale, et le matelas en fait partie, ce qui compte avec le latex, matière dense et lourde ;
- le sens de pose : sur un modèle zoné, la zone des épaules doit se trouver côté tête, là où le sommier se relève ;
- à deux, la configuration : un lit de relaxation de 160 cm est souvent formé de deux sommiers de 80 cm, chacun avec son matelas, ce qui permet à chacun de régler sa partie sans déranger l’autre ; un matelas unique de 160 cm n’a de sens que si les deux moitiés du sommier se relèvent ensemble.
Le test le plus parlant se fait en magasin, à condition de le faire sur le bon support. Demandez à essayer le matelas sur un sommier relevable : remontez le buste et les jambes, restez vingt minutes comme pour lire, puis redescendez et passez la main sur la zone pliée. Une mousse à mémoire de forme reprend sa forme lentement, c’est normal ; attendez quelques minutes, mais elle doit la reprendre entièrement.



